
Il n'est pas rare que les enfants mineurs reçoivent des sommes d'argent en cadeau lors d'anniversaires, de fêtes ou de donations familiales. Mais sur le plan juridique, ils ne peuvent pas gérer seuls leur épargne avant 18 ans. En 2026, la règle de base ne change pas : l'enfant mineur reste juridiquement incapable d'administrer librement ses placements. Ce sont ses parents ou ses représentants légaux qui agissent pour lui, dans son intérêt. Le paysage a toutefois évolué : confirmation du cadre du PEAC, interdiction d'ouvrir ou d'alimenter un PER pour un mineur depuis 2024, et paramètres actualisés sur plusieurs produits réglementés (Livret A à 1,7 % depuis le 1er août 2026, CEL à 1 % depuis février 2026). Faisons le point.
À partir de quel âge l'enfant mineur peut-il gérer son épargne ?
Un enfant mineur n'a pas la capacité juridique pour gérer une épargne. Il doit attendre l'âge de 18 ans pour administrer et disposer seul de son argent. En pratique, l'autonomie est progressive sur certains actes :
- dès 12 ans, il peut ouvrir un Livret Jeune avec l'accord d'un représentant légal ;
- à partir de 16 ans, il peut, dans certains cas, effectuer des retraits sur ses livrets, sauf opposition des parents ;
- avant 18 ans, les actes importants restent en principe réalisés par les représentants légaux.
En 2026, les règles relatives à la détention des livrets réglementés restent strictes : un épargnant ne peut pas détenir deux produits du même type (deux Livrets A, deux LDDS, etc.). En cas de doublon, l'un des livrets doit être clôturé, les contrôles étant renforcés par les fichiers nationaux.
Tant qu'il est mineur, l'enfant doit être représenté pour les actes d'administration tels qu'ouvrir un compte, un livret ou effectuer un virement. Dans la majorité des cas, ce sont les deux parents qui exercent conjointement l'autorité parentale. Si l'un des parents est décédé, privé de l'autorité parentale ou absent juridiquement, l'autre devient unique représentant légal. En cas de tutelle, c'est le tuteur qui assure cette représentation.
Le cadre civil rappelle aussi que les parents disposent d'un droit de jouissance légale sur les biens du mineur jusqu'à ses 16 ans, sous réserve de respecter son intérêt. Ce droit ne leur donne pas un pouvoir discrétionnaire : il n'autorise ni détournement, ni usage sans lien avec les besoins ou l'intérêt patrimonial du mineur. Toute utilisation manifestement contraire à l'intérêt de l'enfant expose les parents à un contrôle judiciaire et à une possible mise en cause de leur responsabilité.
Quels produits d'épargne souscrire pour un enfant en 2026 ?
Les livrets bancaires
Plusieurs placements sont possibles pour constituer une épargne pour un enfant, en fonction des besoins et projets.
Le Livret A peut être ouvert dès la naissance. Son plafond reste fixé à 22 950 € et son taux est de 1,7 % net depuis le 1er août 2026. Les intérêts sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.
Le Livret Jeune s'adresse aux 12-25 ans. Son plafond demeure de 1 600 €. Il doit offrir un taux au moins égal à celui du Livret A, soit au minimum 1,7 % depuis août 2026, mais les banques peuvent proposer davantage. Il est clôturé au plus tard le 31 décembre de l'année des 25 ans du titulaire.
Un mineur peut aussi détenir un livret bancaire non réglementé, avec un taux fixé librement par l'établissement. Ces solutions restent plus souples, mais moins lisibles en termes de rémunération et de fiscalité.
Le LDDS reste un produit réservé aux personnes fiscalement autonomes. Un mineur ne peut y souscrire que dans des cas très particuliers liés à sa situation fiscale, ce qui en fait un support marginal pour l'épargne des enfants. En 2026, son taux est aligné sur celui du Livret A, soit 1,7 %, et son plafond reste de 12 000 €.
Les contrats d'assurance vie
Souscrire un contrat d'assurance vie au nom de l'enfant est possible dès son plus jeune âge, avec l'accord des deux représentants légaux. Elle reste l'un des supports les plus souples pour un mineur, notamment lorsqu'il s'agit d'accueillir un don, un capital transmis par la famille ou une épargne de long terme.
L'ouverture d'un contrat avant les 10 ans de l'enfant conserve un intérêt fiscal : l'antériorité du contrat permet de faire courir plus tôt le délai ouvrant droit à l'abattement sur les gains après 8 ans (4 600 € par an pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune).
Pour encadrer l'utilisation des sommes, un pacte adjoint peut préciser les conditions de déblocage : achat d'une résidence principale, financement des études, permis de conduire ou autre objectif familial. Il est aussi possible d'intégrer une clause d'inaliénabilité limitant la disponibilité des fonds jusqu'à un certain âge, dans le respect des règles civiles applicables.
Les contrats d'assurance vie pour mineurs proposent par ailleurs des options d'investissement socialement responsable (ISR), souvent via des unités de compte labellisées ISR ou Greenfin, permettant d'allier capitalisation et finance durable. Les parents peuvent aussi y loger des parts de SCPI via certains contrats, ce qui facilite la gestion et la diversification immobilière sans gestion directe des parts. Contrairement au PEAC, un contrat d'assurance vie peut être conservé sans limite de durée.
À titre de rappel, chaque parent peut transmettre 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits de donation. S'y ajoute le don familial de somme d'argent de 31 865 € par parent et par enfant, sous conditions d'âge du donateur et du bénéficiaire. Un dispositif temporaire, en vigueur en 2025-2026 pour certains projets immobiliers de résidence principale, permet en outre de transmettre jusqu'à 100 000 € par donateur, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire, sous conditions strictes d'affectation.
Jusqu'à sa majorité, le mineur ne peut pas utiliser librement l'argent : ce sont les parents qui gèrent le contrat et valident d'éventuels retraits, qui doivent être réalisés dans l'intérêt de l'enfant.
Les PEL et CEL
Il est possible d'ouvrir, à tout âge de votre enfant, un compte épargne logement (CEL) ou un plan d'épargne logement (PEL), voire les deux, pour lui faire bénéficier :
- d'une épargne rémunérée ;
- et de conditions de prêt avantageuses pour un projet immobilier.
En 2026, le taux du PEL ouvert à compter du 1er janvier 2026 est fixé à 2 % brut. Le CEL est passé à 1 % depuis le 1er février 2026. Le plafond du PEL reste de 61 200 €, contre 15 300 € pour le CEL. Sur le CEL, les retraits restent possibles sous réserve de conserver au moins 300 € sur le compte. Tout retrait entraîne en revanche la clôture du PEL.
Le PEL demeure un produit de préparation à un projet immobilier, avec une rémunération fixée à l'ouverture et un cadre assez rigide. Le CEL offre davantage de souplesse mais une rentabilité plus modeste. Les parents restent responsables de la gestion de ces enveloppes tant que l'enfant est mineur, et l'enfant ne peut pas les utiliser avant ses 18 ans.
Les SCPI
Les parts de SCPI peuvent être achetées en direct au nom du mineur. L'enfant en est alors le véritable propriétaire, mais ce sont les représentants légaux qui interviennent jusqu'à sa majorité. Il est donc possible d'être épargnant en SCPI en tant que mineur.
L'intérêt principal de cette solution réside dans la dimension patrimoniale de long terme. En 2026, les stratégies de démembrement de propriété restent couramment utilisées en SCPI, avec séparation entre usufruit et nue-propriété : l'usufruitier perçoit les revenus, tandis que le nu-propriétaire détient les parts sans toucher les loyers pendant la durée du démembrement.
Pour un mineur, les revenus de SCPI sont en pratique versés sur le compte des parents ou réinvestis selon les modalités prévues. Certaines structures peuvent aussi être détenues via une assurance vie, ce qui facilite la gestion et la diversification. En 2026, certaines SCPI proposent des initiatives spéciales pour les jeunes épargnants avec des parts de faible montant ou des frais réduits, et une orientation vers l'immobilier responsable.
Le plan d'épargne avenir climat (PEAC)
Créé par la loi relative à l'industrie verte d'octobre 2023, le plan d'épargne avenir climat (PEAC) s'est imposé comme l'un des produits de référence pour les jeunes.
Il peut être ouvert dès la naissance et est réservé aux moins de 21 ans. Son plafond de versements est de 22 950 €. Les gains sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux à la sortie, sous réserve du respect des conditions de détention et d'âge. En revanche, le capital n'est pas garanti, car il dépend des supports financiers choisis (obligations vertes, fonds labellisés Greenfin ou ISR).
Les fonds placés sur le PEAC sont bloqués jusqu'aux 18 ans de l'enfant et pendant au moins 5 ans à compter de l'ouverture. Le PEAC est automatiquement clôturé à 30 ans. En 2026, ses principes de fonctionnement sont confirmés, ce qui en fait un outil adapté à une épargne longue orientée vers la transition écologique, en complément de l'assurance vie ou des SCPI thématiques.
Et le PER pour les mineurs ?
Le PER n'est plus accessible aux mineurs pour de nouveaux versements depuis le 1er janvier 2024. Les PER déjà ouverts au nom d'enfants avant cette date peuvent subsister, mais il est interdit d'y verser de nouveaux fonds tant que le titulaire n'a pas atteint la majorité.
Cette évolution a recentré l'épargne des mineurs vers des produits plus cohérents avec leur horizon : livrets, assurance vie, PEL/CEL, SCPI et PEAC. En pratique, les professionnels de la gestion de patrimoine recommandent une combinaison de produits liquides et de long terme, mieux adaptés à des objectifs éducatifs, de logement ou de constitution de patrimoine. En 2026, le PER n'est donc plus une piste d'optimisation pour les enfants.

Les parents peuvent-ils utiliser l'épargne de leur enfant ?
L'enfant reste propriétaire de l'épargne placée à son nom, même s'il est mineur. En revanche, la gestion quotidienne revient aux parents ou aux représentants légaux jusqu'à la majorité, sous réserve du respect de l'intérêt du mineur.
Les parents peuvent effectuer des retraits ou arbitrages, mais l'argent doit servir aux besoins de l'enfant ou à la gestion de son patrimoine. Une utilisation manifestement étrangère à son intérêt peut entraîner un contrôle du juge et engager la responsabilité civile – voire pénale – des représentants légaux.
À partir de 16 ans, certaines banques demandent davantage de prudence ou le consentement du mineur pour des opérations sensibles. La jurisprudence récente a renforcé l'idée que la gestion de l'épargne de l'enfant, notamment en cas de séparation des parents, doit se faire dans le respect de l'autorité parentale conjointe.
Enfin, l'enfant devenu majeur dispose d'un droit de regard sur la gestion passée de son épargne et peut demander des comptes dans les 5 années qui suivent sa majorité. En cas de manquement grave (détournement de fonds, usage manifestement contraire à son intérêt), la responsabilité des parents peut être engagée.
Tableau récapitulatif des options d'épargne pour un enfant mineur en 2026
Produit d'épargne | Âge minimum | Plafond des dépôts | Taux en 2026 | Particularités |
|---|---|---|---|---|
Livret A | Dès la naissance | 22 950 € | 1,7 % net (depuis le 1er août 2026) | Intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux |
Livret Jeune | 12 ans | 1 600 € | ≥ 1,7 % (depuis août 2026) | Réservé aux 12-25 ans. Taux fixé librement par la banque au-dessus du plancher. Intérêts non fiscalisés. Clôture au plus tard le 31 décembre suivant les 25 ans |
PEL | Dès la naissance | 61 200 € | 2 % brut (plans ouverts à partir du 1er janvier 2026) | Taux garanti à l'ouverture. Prêt immobilier à taux préférentiel. Utilisation par l'enfant à partir de 18 ans |
CEL | Dès la naissance | 15 300 € | 1 % (depuis le 1er février 2026) | Retraits souples (solde minimum 300 €). Prêt immobilier possible. Intérêts soumis à la flat tax (30 %) |
PEAC | Dès la naissance (réservé aux moins de 21 ans) | 22 950 € | Variable selon les supports | Capital non garanti. Gains exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux sous conditions. Fonds bloqués jusqu'à 18 ans et au moins 5 ans. Orienté transition écologique. Clôturé à 30 ans |
Dès la naissance | Pas de plafond légal | Variable selon le contrat | Fiscalité avantageuse après 8 ans. Supports ISR/Greenfin disponibles. Pacte adjoint possible. Clause d'inaliénabilité possible. Possibilité d'y loger des parts de SCPI. Contrat conservable sans limite de durée | |
SCPI | Dès la naissance | Pas de plafond légal | Variable selon les SCPI | Investissement immobilier de long terme. Revenus réguliers. Démembrement possible. Peut être détenue en direct ou via assurance vie. Initiatives jeunes chez certaines SCPI |
LDDS (sous conditions) | Mineur fiscalement autonome (cas très limités) | 12 000 € | 1,7 % net (depuis le 1er août 2026) | Usage rare pour un mineur. Financement de la transition énergétique et de l'économie sociale et solidaire |
Conclusion
En 2026, un enfant mineur ne peut toujours pas gérer seul son épargne. Jusqu'à ses 18 ans, ce sont ses parents ou ses représentants légaux qui administrent les fonds, dans le cadre strict de l'autorité parentale et de l'intérêt du mineur, avec un contrôle judiciaire renforcé en cas d'abus.
Les solutions les plus pertinentes restent le Livret A, le Livret Jeune, l'assurance vie, le PEL, le CEL, les SCPI et le PEAC. Le PER a, lui, quitté la catégorie des produits accessibles aux mineurs depuis 2024. Dans le même temps, les règles fiscales et patrimoniales continuent d'offrir des leviers intéressants : l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, complété par le don familial de somme d'argent de 31 865 €, et des dispositifs temporaires ciblant certains projets immobiliers.
Pour les familles, la bonne stratégie consiste à adapter le support à l'horizon du projet : liquidité pour les dépenses proches, assurance vie et PEAC pour le moyen-long terme, SCPI pour l'exposition immobilière, et donations encadrées pour accélérer la constitution d'un capital utile à l'entrée dans la vie adulte. Les évolutions législatives récentes redessinent le paysage de l'épargne des enfants, tandis que les innovations financières (ISR, SCPI orientées jeunes) apportent des possibilités intéressantes pour allier performance et finance durable.
À retenir
- Avant 18 ans, l'enfant ne gère pas seul son épargne : les parents ou représentants légaux administrent les placements, sous contrôle judiciaire en cas d'abus.
- En 2026, le Livret A est à 1,7 %, le Livret Jeune au moins à 1,7 %, le PEL à 2 % brut pour les nouveaux plans et le CEL à 1 %.
- Le PEAC s'impose comme le produit phare pour les jeunes avec un plafond de 22 950 € et des gains exonérés sous conditions, mais le capital n'est pas garanti.
- Le PER n'est plus ouvert aux mineurs depuis le 1er janvier 2024 : l'épargne des enfants se recentre sur des produits plus flexibles et pédagogiques.
- Les abattements de donation (100 000 € par parent + 31 865 € de don familial) restent un levier central pour transmettre de l'épargne à un enfant de manière fiscalement optimisée.
- Conseil d'expert : commencer tôt est déterminant. L'effet des intérêts composés sur plusieurs années peut transformer significativement le capital disponible à la majorité. Combinez livrets, assurance vie, SCPI et PEAC pour construire une stratégie cohérente avec l'horizon et les objectifs de l'enfant.
Sources
- Code civil et Code monétaire et financier – dispositions relatives à l'épargne des mineurs et à l'autorité parentale.
- Loi de finances pour 2024 – dispositions sur le PER réservé aux personnes majeures.
- Loi relative à l'industrie verte (octobre 2023) – création du plan d'épargne avenir climat (PEAC).
- Site officiel de l'administration française – fiches pratiques sur le Livret A, le Livret Jeune, le PEL/CEL et le LDDS.
- Arrêtés fixant les taux d'intérêt des livrets réglementés et PEL/CEL pour 2026.
- Service-public.fr – Donation enfants 2026 : abattements, dons familiaux de sommes d'argent en ligne directe et dispositifs temporaires liés à l'immobilier.
Conseil de l'auteur
En tant qu'expert en gestion de patrimoine, je rappelle qu'il y a des règles strictes qui s'appliquent, y compris quand les enfants sont mineurs. Un enfant ne peut pas gérer librement son épargne avant 18 ans : ce sont les parents qui décident, mais toujours dans son intérêt. Mon conseil est de bien connaître toutes les règles (autorité parentale, jouissance légale, fiscalité des produits) et de mettre en place tôt une stratégie combinant livrets, assurance vie, SCPI et éventuellement PEAC, afin de construire progressivement un capital utile pour les études, le logement ou les premiers projets de vie de votre enfant. N'oubliez pas que les donations aux enfants bénéficient d'abattements importants : chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € par enfant tous les 15 ans, auxquels s'ajoutent 31 865 € de don familial d'argent, soit jusqu'à 131 865 € potentiellement transmissibles sans droits de donation. Avec les dispositifs temporaires complémentaires ciblés sur certains projets immobiliers, c'est une opportunité à envisager sérieusement pour financer ces placements de manière fiscalement optimisée. Commencez tôt : chaque année d'épargne supplémentaire compte.
À propos de l'auteur
J'ai fondé MeilleureSCPI.com, Meilleur-GF.com, Meilleur-GFV.com, et Epargne-Mensuelle.com. J'adore tout ce qui touche à l'épargne, l'éducation financière, et la fixation d'objectifs.

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